Les feuilles d'automne au Japon : ce que ressentent vraiment les habitants quand tu viens pour le koyo
Ce que tu vas apprendre dans cet article :
- Ce que 242 Japonais ont vraiment dit sur la saison des feuilles d'automne (le koyo) — la foule, les photos, et comment ils vivent ta présence
- Pourquoi les lieux célèbres semblent saturés — et pourquoi les habitants en souffrent eux aussi, en silence
- Les manières douces et discrètes de profiter des couleurs qui suscitent un accueil chaleureux au Japon
Si tu rêves des feuilles d'automne du Japon mais que tu redoutes une cohue stressante dans les lieux célèbres — respire un grand coup. Tout va bien se passer, et tu es en très bonne compagnie.
Nous avons recueilli 242 véritables opinions de Japonais — sur des forums de questions-réponses, les réseaux sociaux, des blogs de voyage et des espaces commentaires de vidéos — sur ce à quoi ressemble vraiment, sur le terrain, la saison du koyo (la contemplation des feuilles d'automne). La réponse sincère ? La foule est bien réelle, et les habitants en sont fatigués eux aussi. Mais la chaleur envers les visiteurs venus partager les couleurs est tout aussi réelle. Une fois que tu comprends les deux, toute la saison s'ouvre à toi.
Les Japonais sont-ils gênés que les touristes viennent pour les feuilles d'automne ? Nous avons posé la question à 242 Japonais. La réponse sincère : la plupart t'accueillent volontiers — seul un quart environ ressent une vraie lassitude vis-à-vis des visiteurs, et elle vise la foule, pas toi. Les habitants sont tout aussi épuisés par les lieux célèbres, et ils utilisent la même astuce que toi : y aller tôt.
Parmi les voix que nous avons recueillies au sujet de la foule, 51 % disent qu'elle les épuise vraiment — y compris des habitants qui évitent complètement les lieux célèbres. La frustration ne vise pas les visiteurs étrangers. Elle vise le nombre considérable de gens. Tu n'es pas le seul à trouver ça écrasant.
Guide express
| Sur un site de koyo | Ce qu'ont dit les Japonais | |
|---|---|---|
| 🟡 Bon à savoir | La foule | La moitié des voix sur la foule disent en être épuisées elles aussi. L'astuce des habitants : en semaine, tôt le matin, ou les abords plus calmes d'un lieu célèbre. |
| 🟢 Détends-toi | Prendre des photos | Le bon geste, c'est « une photo, puis on s'écarte ». Tout le monde veut la même vue des érables rouges — c'est le partage qui est discrètement respecté. |
| 🟢 Tu es le bienvenu | Venir en visiteur | La plupart sont contents que tu sois venu. Beaucoup trouvent que les couleurs sont plus belles partagées. Les vrais grognements visent l'ampleur du surtourisme, pas toi. |
| 🟢 Une petite gentillesse | Les feuilles elles-mêmes | Admire-les, ne les cueille pas. Ramasser une seule feuille tombée pour en profiter est charmant ; casser une branche d'un arbre vivant, voilà ce qui attriste les gens. |
La seule chose à retenir : le Japon en automne est plus accueillant que ne le laissent croire les photos bondées. Vas-y tôt, partage les meilleurs endroits, laisse les arbres tels que tu les as trouvés — et tu verras un visage du koyo que les guides ne montrent jamais.
Comment nous avons recueilli ces voix
Nous avons recueilli 242 voix en langue japonaise autour de cinq questions sur la saison des feuilles d'automne : composer avec la foule (53), partager les spots photo (51), ce que les habitants ressentent face aux visiteurs venus pour le koyo (45), les petites règles de savoir-vivre envers les feuilles elles-mêmes (52), et comment les attitudes diffèrent selon les générations (41). Nous les avons rassemblées sur des sites japonais publics de questions-réponses, des forums, des publications sur les réseaux sociaux, des blogs de voyage et des espaces commentaires de vidéos.
Une petite précision : ce n'est pas une enquête scientifique contrôlée — c'est un recueil de ce que de vrais Japonais ont dit, avec leurs propres mots, sur des plateformes publiques. Aucun guide d'automne en anglais n'a réuni cet éventail de points de vue japonais sur ce que la saison fait vraiment ressentir, et nous pensons que cela mérite d'être partagé.
Le thermomètre des ressentis
L'automne au Japon s'accompagne de beaucoup de questions discrètes : Est-ce que ce ne sera qu'un mur de gens ? Puis-je prendre ma photo sans être impoli ? Les habitants veulent-ils seulement que je sois là ? Parcourons ensemble ce que les Japonais ont réellement dit — en commençant par ce qui inquiète le plus.
🟡 La foule
La vérité sincère : oui, les lieux célèbres deviennent intenses. Et voici la partie qui devrait te rassurer — les Japonais ressentent exactement la même chose.
Sur 53 voix au sujet de la foule d'automne, la moitié décrit en être vraiment épuisée.
Le sentiment est revenu encore et encore — et c'est étrangement réconfortant :
木々を見に行ったのか、人を見に行ったのかわからないときがありました。 Parfois, je ne savais plus si j'étais venu voir les arbres ou voir les gens.
紅葉トップシーズンの中、人人人人…にモミクチャにされながらも、一目通天橋から眺めようと朝から頑張ってきました。まぁある程度は覚悟の上ではありましたが、まさかここまでとは… En plein pic de la saison des feuilles, ballotté dans une marée de gens, de gens, de gens, j'ai forcé dès le matin juste pour avoir un aperçu depuis le pont Tsutenkyo. Je m'y étais préparé, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi terrible.
Voici ce qui compte : les habitants ne font pas que se plaindre — beaucoup ont tout simplement renoncé aux lieux célèbres. Une personne qui vit près du mont Takao, l'une des destinations d'automne les plus fréquentées autour de Tokyo, l'a reconnu :
地元八王子では、激混みの高尾山は嫌と言って紅葉シーズンには行かない人が多い。わたしもその1人だった。 Ici, dans ma ville natale, beaucoup disent détester à quel point le mont Takao se remplit et n'y vont pas pendant la saison des feuilles. J'en faisais partie.
Alors si la foule te paraît énorme — tu ne fais rien de mal, et tu n'es certainement pas seul. La bonne nouvelle, c'est que les gens d'ici ont déjà trouvé la parade.
La méthode des habitants est simple : y aller en semaine, arriver tôt (ou venir pour la dernière heure avant la fermeture des illuminations du soir), et privilégier les abords plus calmes d'un lieu célèbre plutôt que son point le plus photographié. Un visiteur de Kyoto a découvert que, même en pleine saison, une allée de temple un peu à l'écart était paisible et magnifique alors que l'entrée principale était le chaos. Un autre a remarqué qu'un petit tramway local menant à Arashiyama était presque vide même un week-end bondé. Les couleurs sont les mêmes ; l'expérience, complètement différente.
Le moment où tu y vas compte aussi. Pour le calendrier mois par mois des couleurs et savoir quelles semaines la foule se calme, consulte le meilleur moment pour visiter le Japon — et pour comprendre pourquoi tant de monde converge vers les mêmes quelques endroits, le Japon est-il victime du surtourisme ? raconte la vue d'ensemble.
💡 Ce que les Japonais veulent que tu saches
La moitié des voix que nous avons recueillies au sujet de la foule en sont épuisées elles aussi — certaines évitent complètement les lieux célèbres. La frustration vise le nombre de gens, pas toi. Vas-y tôt, et un autre Japon apparaît.
🟢 Le spot photo
Tout le monde veut la même photo des érables rouges. La règle discrète qui force le respect : prends ta photo, puis écarte-toi.
Sur 51 voix au sujet du partage des spots photo, le message le plus chaleureux et le plus fréquent parlait de réciprocité.
Il existe une belle étiquette tacite que les photographes japonais ont décrite — et elle est facile à suivre :
三脚禁止になった人口の多い撮影現場では、数枚撮った後に交代、さらに撮りたい人は一番後ろに並んで再度待つ、という形になっています。こうすることで全員に平等に撮影するチャンスが訪れます。 Sur les spots bondés, ça fonctionne ainsi : tu prends quelques clichés, puis tu cèdes la place ; si tu en veux d'autres, tu te remets au fond de la file et tu attends à nouveau. Comme ça, tout le monde a sa chance équitablement.
私は記念写真を撮っておられる方がいたら撮り終わるまで待ってあげるし、自分が撮っている時は「どうぞ通ってください」と譲ります。その方がお互い気持ちがいいし、構図をゆっくり考えられるので。 Si quelqu'un prend une photo, j'attends qu'il ait fini, et quand c'est moi qui photographie, je dis « allez-y, passez donc ». C'est plus agréable pour nous deux.
Et la gentillesse va dans les deux sens. Un photographe se souvenait d'avoir été un débutant intimidé quand un inconnu lui a fait signe d'avancer :
途方に暮れていると、優しい方が「はやく撮らないといいシーンが逃げちゃうよ、ここに入っていいから」と声をかけてくれました。この親切丁寧な対応が、その後の自分の撮影中の行動に大きな影響を与えてくれました。 Alors que je restais là, désemparé, une personne bienveillante m'a dit : « Dépêche-toi, tu vas rater le moment — viens te mettre ici. » Ce geste plein de délicatesse a changé ma façon de me comporter en photographiant, depuis ce jour.
Ce qui frappe, c'est à quel point les passionnés de photo japonais ont conscience que leurs propres « règles » peuvent paraître absurdes à tous les autres. Comme l'a dit l'un d'eux, toute cette notion de « point de prise de vue » relève vraiment de la logique des photographes — et les simples visiteurs qui veulent juste profiter des feuilles ne devraient pas avoir à s'en soucier du tout.
Alors n'hésite pas, prends ta photo de ces érables impossiblement rouges. Fais ton cliché, offre un sourire, et recule pour que la personne suivante puisse avoir le sien. Ce petit rythme, c'est toute l'étiquette. (Pour les courtoisies générales sur la façon de photographier les gens et les lieux au Japon, voir l'étiquette photo dans les lieux touristiques.)
🟢 Ce que les habitants ressentent face à ta venue
Tu te demandes si les Japonais souhaitent secrètement que les touristes arrêtent de venir pour les feuilles ? La plupart sont sincèrement contents que tu sois là — et beaucoup disent que les couleurs sont plus belles quand on les partage.
Sur 45 voix au sujet des visiteurs étrangers venus pour le koyo, l'éventail était sincère : une vraie chaleur, une acceptation tranquille, et une part d'ambivalence authentique.
La chaleur est facile à trouver, et souvent très concrète :
外国人の方が前に黄色い紅葉はあるけど赤はないって日本の紅葉に感動してたな。 Un visiteur étranger a été un jour ému par l'automne japonais — il disait que chez eux il y a des feuilles jaunes, mais pas de rouges comme celles-ci.
海外の富裕層様、来ていただいてほんとありがとう。楽しんでくれてるならいいです。 Visiteurs venus de l'étranger — merci infiniment d'être venus. Du moment que vous en profitez, c'est tout ce qui compte.
Il y a même une jolie inversion : entendre à quel point les visiteurs sont émerveillés par les érables du Japon fait apprécier davantage leur propre automne aux habitants. Un blogueur a admis qu'entendre des étrangers s'émerveiller de tout ce « coloré » lui avait fait réaliser que la scène itsu-mo-no (« comme d'habitude ») par sa fenêtre était spéciale :
海外の紅葉に触れたことのないワタシは、「イッツ カラフル」な紅葉は日本独特の光景らしいことを初めて知った。 N'ayant jamais vu de feuilles d'automne à l'étranger, j'ai appris pour la première fois que notre automne « it's colorful » est apparemment un spectacle proprement japonais.
Et les voix sincères, plus nuancées ? Elles méritent d'être entendues aussi — car elles ne sont pas ce que tu pourrais craindre. Elles parlent de la cohue, des prix, d'une ville qui ploie sous sa propre popularité. Une personne a parfaitement résumé tout ce ressenti :
私自身も海外旅行が好きなので、もう日本に来ないで欲しいとは全く思いませんが、少なくともその国のマナーや習慣などを調べて訪れるべきかなぁと思っています。 J'aime moi-même voyager à l'étranger, alors je ne pense pas du tout « ne venez pas au Japon » — je pense simplement qu'on devrait se renseigner sur les manières et les coutumes d'un pays avant de le visiter.
Voilà le pont. L'accueil est réel, et la seule chose qu'on demande discrètement en retour est minime : viens avec un peu de curiosité pour la façon dont les choses se font ici. (Si tu veux savoir où la chaleur du Japon est la plus vive, où tu es le plus le bienvenu en dresse la carte.)
💡 Ce que les Japonais veulent que tu saches
L'accueil est sincère. Les vrais grognements visent l'ampleur du surtourisme, pas toi — et même ces voix-là tiennent la porte ouverte : viens, viens simplement avec un peu de curiosité pour la façon dont les choses se font ici.
🟢 Les feuilles elles-mêmes
Une petite gentillesse que les habitants remarquent : admire les feuilles, ne les cueille pas. Tenir au creux de ta main une seule feuille tombée est charmant. En arracher une à un arbre vivant, voilà ce qui blesse discrètement.
Sur 52 voix au sujet de la façon de traiter les feuilles et les arbres, le sentiment dominant était tout en douceur — regarde simplement, et laisse-les en paix.
Les conseils étaient chaleureux plutôt que réprobateurs — le message n'était jamais « ne fais pas », mais « profites-en avec les yeux » :
紅葉している木の枝を折ったり、葉をちぎりとって自然の木々を傷つけてはいけないというのは当然のこと。どれだけきれいでも、目で見て楽しもう。 Bien sûr qu'il ne faut pas casser une branche ni arracher des feuilles et blesser les arbres. Aussi belles soient-elles, profites-en avec les yeux.
Et voici la partie qui est un pur ravissement : ramasser une feuille déjà tombée n'est pas seulement permis — c'est un petit rituel précieux. Les Japonais les pressent dans des livres, les tiennent à contre-jour, et les gardent toute l'année :
ドライブに出かけた先々で「あ、綺麗だな」と思った落ち葉。そっと拾って、長く保存できる押し葉にしては? Cette feuille tombée qui t'a fait penser « oh, comme c'est joli » — pourquoi ne pas la ramasser doucement et la presser pour la garder ?
枯れ葉を通過した太陽の光によって美しい葉脈をはっきりと見ることができ、うれしくなって何枚も何枚も太陽にかざし、美しい葉脈を見ながら写真を撮りました。 À travers une feuille fanée, la lumière du soleil révélait si magnifiquement les nervures que, ravi, j'ai tenu feuille après feuille face au soleil et les ai photographiées.
Il y a une tendresse dans la façon dont les gens parlent des feuilles qui dit tout de cette culture. Un aubergiste a écrit qu'une grosse branche s'était cassée de l'érable de sa cour intérieure — non pas avec agacement, mais avec quelque chose qui ressemblait au chagrin, parce qu'il avait aimé cette branche depuis sa verdure tendre du printemps. Ce sentiment — que même une feuille tombée mérite un peu de tristesse — en est le cœur même.
Cette douceur a aussi un appui officiel. Le ministère japonais de l'Environnement demande simplement aux visiteurs de ses parcs nationaux de ne pas prélever de plantes ni d'emporter quoi que ce soit, afin que ceux qui viendront après toi puissent profiter de la même scène. Dans les zones les plus protégées, cueillir des plantes est même restreint par la loi. Mais tu auras rarement besoin d'une règle : une fois que tu sens combien ces couleurs comptent pour les gens autour de toi, les laisser exactement telles qu'elles sont devient naturel. (Beaucoup des plus beaux sites sont des temples et des sanctuaires — pour les courtoisies tout en douceur lors de leur visite, voir visiter les temples et les sanctuaires.)
💬 What do you think?
Japanese readers: How do you feel about this?Visitors: Have you experienced this in Japan?
Share your voice →La surprise des générations
On suppose souvent — au Japon comme à l'étranger — que ce sont les jeunes, rivés à leur téléphone, qui se comportent mal dans les sites pittoresques, tandis que les générations plus âgées apprécient tranquillement la vue. Quand nous avons examiné la façon dont les Japonais de différents âges parlent du koyo, les données ont renversé cette idée.
D'abord, l'appréciation elle-même n'est pas du tout une « affaire de personnes âgées ». Beaucoup de jeunes ont récusé le cliché :
年取ると花とか紅葉好きって言ってますが、小学生の時から好きだったんだよな。 On dit qu'on se met à aimer les fleurs et les feuilles d'automne en vieillissant, mais moi je les aime depuis l'école primaire.
綺麗なものを見ると誰もが嬉しい気持ちになります。これは当たり前のこと。…桜や紅葉が好きと言うことは何も年寄りではない、人間としての本来の姿。 Tout le monde se sent heureux de voir quelque chose de beau — c'est bien naturel. … Aimer les cerisiers ou les feuilles d'automne n'a rien d'une affaire de personnes âgées ; c'est simplement être humain.
Et sur le sujet délicat des manières en photo, les voix étaient vraiment surprenantes. Sur un fil où quelqu'un réprimandait « les jeunes » pour leur mauvaise étiquette en photo, les réponses étaient massivement en désaccord — beaucoup disaient que les comportements les plus envahissants qu'ils aient vus venaient de photographes plus âgés, pas plus jeunes :
ただ若者だけではありません。最近は猫も杓子もカメラを持つ時代です。私の周囲では若者よりお年を召した方のほうが多いですよ。いずれにせよマナーを守り周りを気遣う人の方が多いです。 Ce ne sont pas que les jeunes. De nos jours, tout le monde a un appareil photo. Autour de moi, j'en vois plus chez les personnes âgées que chez les jeunes. De toute façon, ceux qui respectent les bonnes manières restent la majorité.
Les voix les plus sages aboutissaient à la même conclusion : ce n'a jamais été une question d'âge.
若者とか年寄りという括りじゃなくて、マナーのなってない家庭で育った人が全世代に居るだけじゃないですか?若いころ桜の枝を引っ張ってた人が年を取って人を押しのけたりするだけ。 Ce n'est pas les jeunes contre les vieux — n'est-ce pas simplement qu'il y a, dans chaque génération, des gens élevés sans manières ? Celui qui tirait sur les branches de cerisier dans sa jeunesse devient celui qui bouscule les autres en vieillissant.
La leçon est libératrice : ne t'inquiète pas de savoir quel « type » de touriste tu es. Dans toutes les générations, les gens que le Japon apprécie sont simplement ceux qui prêtent un peu attention à leur entourage. C'est tout.
💡 Ce qui renverse le cliché
L'idée que ce sont les jeunes qui se comportent mal dans les sites pittoresques ne tient pas. Les voix japonaises l'ont dit encore et encore : ce n'est pas une question d'âge — c'est de savoir si quelqu'un prête attention aux gens autour de lui.
Le moteur culturel : pourquoi les Japonais aiment les feuilles
Pour comprendre pourquoi l'automne est si chargé d'émotion au Japon, il faut savoir que le koyo-gari — littéralement « la chasse aux feuilles d'automne » — n'est pas une mode touristique moderne. Il a plus de mille ans.
Selon l'Organisation nationale du tourisme japonais, la pratique est née parmi les aristocrates de la cour à l'époque de Heian, à Kyoto, au VIIIe siècle. Comme ces nobles n'avaient pas d'arbres aux couleurs d'automne dans leurs propres jardins, ils partaient dans les montagnes à la recherche des feuilles — et composaient musique et poésie avec les couleurs en toile de fond. On en trouve des références dans l'anthologie poétique Kokin Wakashū et dans Le Dit du Genji. Au milieu du XVIIIe siècle, ce qui avait été un passe-temps d'élite s'était répandu chez les gens ordinaires, devenant le rituel saisonnier qu'il est aujourd'hui.
En dessous coule un sentiment plus profond que les Japonais appellent le mono no aware — une appréciation tendre et mélancolique des choses précisément parce qu'elles ne durent pas. Les feuilles d'automne en sont l'expression parfaite : au plus fort de leur éclat, elles tombent déjà. Aimer le koyo, c'est en partie aimer le fait qu'il prend fin. Voilà pourquoi une seule feuille tombée peut porter autant d'émotion qu'un coteau tout entier embrasé.
Il y a aussi une belle science sous la poésie. Si les couleurs changent, c'est avant tout une affaire de température : le changement commence quand les minimales quotidiennes descendent sous environ 8 °C et s'accentue autour de 5–6 °C, favorisé par un grand écart entre les températures du jour et de la nuit et par une lumière abondante. À mesure que les températures baissent, la chlorophylle verte des feuilles se décompose, des pigments rouges (les anthocyanes) sont nouvellement produits, et les jaunes (les caroténoïdes) se révèlent — c'est pourquoi un même érable peut rougeoyer écarlate, ambre et or à la fois. L'agence météorologique japonaise suit même le « jour de coloration des érables » dans ses stations à travers le pays, base du front du koyo qui descend le pays chaque automne.
Et le Japon est vraiment d'une richesse inhabituelle en érables : l'Institut de recherche sur les forêts et les produits forestiers en recense environ 26 espèces indigènes. L'Asie est le centre mondial de la diversité des érables — près de 80 % de toutes les espèces d'érables sont originaires d'Asie, et l'on pense que le genre y est apparu et s'y est diversifié avant de se répandre vers l'Europe et l'Amérique du Nord. Cette grande variété explique en partie pourquoi un seul coteau japonais peut réunir autant de nuances à la fois.
Alors, comment réussir au mieux ton automne au Japon ?
Mets tout cela bout à bout, et la recette est simple et bienveillante :
- Vas-y tôt, ou vas-y sur les abords. Les matinées en semaine et les coins plus tranquilles des lieux célèbres te donnent les couleurs sans la cohue — l'astuce exacte des habitants.
- Prends ta photo, puis partage le spot. Une photo de ces érables rouges, un sourire, et un pas en arrière. Ce petit rythme, c'est toute l'étiquette.
- Laisse les feuilles sur les arbres. Admire-les là où elles sont. Si l'une est déjà tombée et attire ton regard, prends-la au creux de ta main, presse-la dans un livre — cette part-là est une pure joie.
- Viens avec un peu de curiosité. La seule chose que demandent même les habitants les plus fatigués, c'est que tu arrives en te souciant un peu de la façon dont les choses se font. Tu le fais déjà — tu as lu jusqu'ici.
Fais cela, et tu ne te contenteras pas de voir l'automne du Japon. Tu sentiras la tendresse millénaire qui se cache derrière — et tu seras exactement le genre de visiteur que le Japon est discrètement heureux d'accueillir.
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T'es-tu déjà tenu sous un érable embrasé au Japon — ou prévois-tu de le faire ? Nous adorerions en entendre parler. Ton histoire nous aide à bâtir un pont entre les cultures, et nous pourrions ajouter de nouveaux points de vue à cet article.
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Plus de points de vue japonais
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- L'étiquette photo dans les lieux touristiques — les courtoisies tout en douceur pour photographier les gens et les lieux au Japon.
Sources
Données de recherche primaires
Données de recherche WMJS sur les feuilles d'automne (koyo) — 242 voix en langue japonaise recueillies en juin 2026 :
- Composer avec la foule : 53 voix
- Partager les spots photo : 51 voix
- Ce que les habitants ressentent face aux visiteurs : 45 voix
- Savoir-vivre envers les feuilles elles-mêmes : 52 voix
- Attitudes selon les générations : 41 voix
Sources factuelles (Tier 1–2)
- Organisation nationale du tourisme japonais (JNTO) — histoire et culture du koyo (origine à l'époque de Heian, Kokin Wakashū / Le Dit du Genji, diffusion à l'époque d'Edo) : https://www.japan.travel/en/au/experience/autumn-leaves/history-culture-koyo/
- Nippon.com — le mono no aware et l'appréciation japonaise de l'impermanence : https://www.nippon.com/en/japan-topics/c14021/
- Agence météorologique japonaise — observation des saisons biologiques, dont le jour de coloration des érables : https://www.data.jma.go.jp/sakura/data/index.html
- Préfecture de Fukuoka (Biodiversité) — la science des couleurs d'automne (seuil de 8 °C ; chlorophylle, anthocyanes, caroténoïdes) : https://biodiversity.pref.fukuoka.lg.jp/futsushu/zatsugakustory/autumn_leaves.html
- Japan Weather Association (tenki.jp) — température et coloration des feuilles : https://tenki.jp/forecaster/deskpart/2022/11/04/20344.html
- Institut de recherche sur les forêts et les produits forestiers — nombre d'espèces d'érables indigènes au Japon : https://www.ffpri.go.jp/tmk/midokoro/tanhou/4april/kaedetokuchou.html
- Scientific Reports (Nature) — l'Asie comme centre de diversité des érables (Acer) ; glaciation du Pléistocène et survie des espèces : https://www.nature.com/articles/s41598-020-78145-0
- Ministère de l'Environnement — étiquette dans les parcs nationaux (ne pas prélever de plantes ni emporter quoi que ce soit) : https://www.env.go.jp/nature/nationalparks/about/manner/
- Ministère de l'Environnement — protection légale des plantes désignées dans les parcs nationaux et quasi nationaux : https://www.env.go.jp/nature/np/plant_prot/index.html
Sources de recueil d'opinions
Les éléments suivants sont des endroits où de vrais Japonais ont exprimé leur point de vue sur la saison des feuilles d'automne. Ils ne sont pas cités comme autorités factuelles, mais comme sources d'opinions de première main.
- Sites japonais publics de questions-réponses, forums, publications sur les réseaux sociaux, blogs personnels et de voyage, et espaces commentaires de vidéos — opinions de première main sur la foule d'automne, l'étiquette des spots photo, ce que les habitants ressentent face aux visiteurs, les attitudes selon les générations, et le savoir-vivre envers les feuilles elles-mêmes
- https://kyotopoi.net/bad-autumnleaves/
- https://4travel.jp/travelogue/11804613
- https://massa0216.blog.fc2.com/blog-entry-134.html
- https://www.lemon8-app.com/@japanwalker4k/7578796737997947448
- https://news.tv-asahi.co.jp/news_society/articles/900178517.html
- https://bbs.kakaku.com/bbs/-/SortID=22161051/
- https://bbs.kakaku.com/bbs/00490811103/SortID=8712280/
- https://komachi.yomiuri.co.jp/topics/id/184628/
- https://ganref.jp/m/potomacriver/reviews_and_diaries/diary/35410
- https://kazu-photo.com/archives/8005
- https://www.youtube.com/watch?v=KoExNK2ieUU
- https://www.youtube.com/watch?v=-_VWQBlMZ3E
- https://www.youtube.com/watch?v=RFaSo84bBuw
- https://www.youtube.com/watch?v=AdLvSqSe6L8
- https://koyo.walkerplus.com/topics/article/1047631/
- https://asajikan.jp/article/306745
- https://www.shuminoengei.jp/?m=pc&a=page_qa_detail&target_c_qa_id=6468
- https://tenki.jp/kouyou/column/usagida/2020/10/29/30053.html
- https://kurukura.jp/article/181121-22/
- https://www.myoshinji.or.jp/houwa/archive/1218
- https://www.gozu-yumotokan.com/blog/9233/
Note sur les citations
Les citations issues des plateformes en ligne ont été légèrement retouchées pour la lisibilité (correction de fautes de frappe, mise en forme pour plus de clarté). Le sens et l'intention de chaque commentaire restent inchangés. Les sources d'origine sont liées ci-dessus.
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