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Être filmé au Japon : ce que ça fait vraiment
Témoignages Par Kei · Né et grandi au Japon Mis à jour 22 min de lecture

Être filmé au Japon : ce que ça fait vraiment

Nous avons publié une courte vidéo posant une question simple aux Japonais : Que ressentez-vous quand un inconnu pointe un appareil photo vers vous sans demander la permission ?

Un commentaire nous a arrêtés net.

修学旅行で着物を着たら海外の方が何も言わずに写真を撮ってきた。聞いてくれた人は数人で、撮った9割は許可なしで勝手に撮ってきた。ピースをしたらすごい嬉しそうに笑ってくれた人もいて嬉しい気持ちになったけど海外の人が普通にとってくることに驚いた Lors d'un voyage scolaire, j'ai porté un kimono et des touristes étrangers ont commencé à me photographier sans un mot. Seuls quelques-uns ont demandé la permission — 9 sur 10 ont juste pris des photos sans demander. Mais quand j'ai fait le signe de la paix pour l'un d'entre eux, il a souri tellement joyeusement que ça m'a rendue heureuse aussi. J'ai été surprise de la désinvolture avec laquelle les étrangers te photographient.

Un commentaire. Malaise et chaleur dans le même souffle. Surprise et acceptation entremêlées.

Ce commentaire nous a entraînés sur un chemin imprévu — et ce que nous avons découvert est la réaction émotionnelle la plus forte de tous les sujets que nous avons étudiés. Ce que nous avons demandé dans la vidéo l'a confirmé : 92 % des spectateurs japonais ont choisi « honnêtement, j'aimerais qu'ils arrêtent » (n=52).

Points essentiels :

  • 92 % des personnes à qui nous avons posé la question sur YouTube ont choisi « honnêtement, j'aimerais qu'ils arrêtent » — et 79 % des 70 témoignages recueillis exprimaient une détresse sincère. La réaction négative la plus forte de tous les sujets WMJS
  • Les 20 % restants sont neutres (« ça arrive, je comprends pourquoi ») et 1 % n'y voient pas d'inconvénient — mais ce 1 % a dit quelque chose d'important
  • Une seule question change tout. Même un simple « OK ? » ou un geste vers ton appareil transforme le moment d'une intrusion en une connexion
  • En 2026, la préoccupation a évolué : il ne s'agit plus seulement de photos — il s'agit de devenir un personnage involontaire dans le vlog ou le livestream de quelqu'un
  • La génération Z japonaise est plus soucieuse de sa vie privée que les générations précédentes, pas moins — 75,6 % résistent à montrer leur visage en ligne

Que ressentent vraiment les Japonais quand tu les filmes sans demander ? Nous avons demandé à 52 spectateurs japonais et recueilli plus de 130 témoignages. La réponse : 92 % des personnes à qui nous avons demandé ont choisi « honnêtement, j'aimerais qu'ils arrêtent », et 79 % des témoignages recueillis exprimaient une détresse sincère. Mais une découverte change tout : un simple « je peux ? » transforme l'appareil photo d'une intrusion en un pont. La vraie histoire n'est pas « ne photographiez pas au Japon ». C'est « une question ouvre la porte ».

92 % des spectateurs japonais à qui nous avons posé la question ont choisi « honnêtement, j'aimerais qu'ils arrêtent ». 79 % des 70 témoignages recueillis exprimaient une détresse sincère — la réaction négative la plus forte que nous ayons trouvée sur tous les sujets.

Mais une seule question change tout.


Guide rapide

Situation Ce que les Japonais ont dit
🟢 Bienvenu Tu demandes avant de photographier — même juste un geste « Quand quelqu'un demande "je peux ?", ça me rend vraiment heureux. » Même un japonais hésitant ou un simple geste vers l'appareil suffit. Beaucoup de gens souriront, poseront et profiteront du moment avec toi.
🟡 Inconfortable Tu photographies sans demander, mais de loin « Je sais qu'ils trouvent ça exotique, mais ça fait quand même bizarre. » Beaucoup de gens comprennent la curiosité des touristes mais auraient aimé que tu les reconnaisses d'abord comme une personne.
🔴 Perturbant Tu filmes en continu pour un vlog ou un livestream « Je suis allé au supermarché et plus tard je me suis retrouvé sur l'Instagram de quelqu'un sans aucun floutage. » Être capturé en vidéo — surtout sans floutage — est ressenti comme fondamentalement différent d'une simple photo.

La chose à retenir : Le Japon a un concept appelé shōzōken (肖像権) — le droit à sa propre image. Tu n'as pas besoin de comprendre les détails juridiques. Sache simplement que pointer un appareil photo vers quelqu'un sans le reconnaître peut donner l'impression que quelque chose est pris, et non partagé. Un signe de tête, un sourire, un geste « je peux ? » transforme le même appareil en un pont.


Comment cet article a vu le jour

Cet article n'a pas commencé avec un plan de recherche. Il a commencé avec un motif récurrent sur notre chaîne YouTube.

Quand nous avons publié une vidéo sur l'étiquette photo, quelque chose d'inattendu s'est produit. Les spectateurs japonais n'ont pas seulement répondu à notre question — ils ont partagé des histoires. Une lycéenne qui portait un kimono lors d'un voyage scolaire et a été photographiée par neuf touristes sur dix. Une femme dont le visage s'est retrouvé sur l'Instagram d'un inconnu après une visite au supermarché. Une employée de service qui est filmée quotidiennement et sent qu'elle ne peut pas dire non.

Les données ont confirmé ce que les commentaires nous disaient. Dans la vidéo, nous avons posé une question binaire simple : « Si un inconnu pointait soudainement un appareil photo vers toi ? » — avec deux choix : « ça ne me dérange pas » et « honnêtement, j'aimerais qu'ils arrêtent ». Sur les 52 Japonais à qui nous avons demandé, 92 % ont choisi « honnêtement, j'aimerais qu'ils arrêtent ». Seuls 8 % ont dit que ça ne les dérangeait pas.

Et les témoignages que nous avions recueillis racontaient la même histoire sous un angle différent. Sur les 70 témoignages japonais sur la photographie non autorisée, 79 % exprimaient une détresse sincère — la réaction négative la plus forte de tous les sujets que nous avons étudiés sur 21 thèmes. Plus forte que les inquiétudes sur les pourboires, plus bruyante que les frustrations sur les resquilleurs, plus intense que les opinions sur l'étiquette des baguettes.

Mais c'est le 1 % — la seule voix positive — qui nous a poussés à creuser. Parce que cette personne a dit : « Demandez d'abord, et on dira généralement oui. »

Alors nous avons élargi notre recherche. Nous avons recueilli plus de 130 témoignages au total : les 70 originaux sur la photographie non autorisée, plus des témoignages supplémentaires sur l'expérience du « demander d'abord », sur le fait d'être filmé pour des vlogs et des livestreams, et sur les différences générationnelles dans la façon dont les gens vivent les caméras. Nous avons aussi intégré des données d'enquête du NTT Docomo Mobile Society Research Institute et du SHIBUYA109 Lab.

Une note sur ce que tu lis : Ce n'est pas une enquête scientifique. C'est une collection de ce que les Japonais ont dit avec leurs propres mots, sur des plateformes publiques, en japonais. Certains témoignages sont en colère. Certains sont compréhensifs. Certains sont les deux à la fois — comme l'étudiante du voyage scolaire qui s'est sentie surprise et heureuse au même instant. Cette complexité est justement le propos.


La température : 79 % perturbés

Sur 70 témoignages japonais sur le fait d'être photographié sans permission :

Ça ne le dérange pas
1%
Comprend mais mal à l'aise
20%
Réellement perturbé
79%

Pour mettre les choses en perspective : le sujet le plus controversé que nous ayons couvert — les sièges prioritaires dans les trains — divise le Japon à peu près 60/15/25. L'étiquette des baguettes tourne autour de 92 % en vert. C'est le seul sujet où la barre rouge domine aussi complètement.

Les témoignages sont difficiles à entendre — et importants à écouter.

La réalité quotidienne

Pour les personnes qui portent des vêtements traditionnels — qu'il s'agisse de professionnels culturels comme les geiko et maiko qui vivent et travaillent dans le quartier des geishas de Gion à Kyoto, ou de visiteurs profitant d'une location de kimono — être photographié sans consentement est une routine, pas une exception.

浅草で着物着て歩いてたら、外国人にいきなりカメラ向けられた。声もかけずに。モデルじゃないんだけど… Je me promenais à Asakusa en kimono, et un touriste a juste pointé son appareil vers moi sans un mot. Je ne suis pas mannequin...

観光地にいくと、結構な頻度で外国人がストーカーの如くずっとついてまわって写真とってくる Dans les lieux touristiques, des visiteurs étrangers te suivent partout comme des harceleurs, en prenant des photos sans arrêt.

京都で友達と着物着て観光してたら、ずーっと外国人の二人組についてこられて、写真撮られまくった。やめて!って言ってもぜんぜん撮るのやめなくて Je visitais Kyoto avec une amie, toutes les deux en kimono, quand deux étrangers n'ont pas arrêté de nous suivre en prenant des photos. J'ai dit « arrêtez ! » mais ils n'ont pas arrêté du tout.

Un détail revient sans cesse : le sentiment d'être traité comme un spectacle plutôt que comme une personne.

外国人は日本に来て日本人勝手に撮るのも動物園行って動物撮るのも同じ感覚なのか見下されてる気分 Les étrangers qui viennent au Japon et photographient les Japonais sans demander — c'est la même sensation que photographier des animaux au zoo ? On se sent regardé de haut.

Enfants et écoles

Plusieurs témoignages ont soulevé une préoccupation spécifique : les enfants photographiés par des inconnus.

大阪の都市部、外国人が凄く多いのよね。制服を着た小学校の子ども達が集団でいると、珍しいから、写真撮ろうとするんですわ Dans le centre d'Osaka, il y a tellement de touristes. Quand ils voient des groupes d'écoliers en uniforme, ils essaient de les photographier parce que c'est « inhabituel ».

幼稚園で遠足に行くと、外国人が勝手に園児達の写真を撮るから困るらしい Lors des sorties de maternelle, les étrangers photographient les enfants sans demander — c'est un vrai problème.

Un témoignage retrace l'impact à travers les années :

小学生の頃ランドセルが珍しかったからか、学校の帰り道に写真を撮られました。もう小学生ではないですが、外国人が増えるので、浴衣とか着てたらまた撮られるのではないかと怖いです Quand j'étais à l'école primaire, quelqu'un m'a photographié — probablement parce que mon cartable avait l'air inhabituel. Je ne suis plus enfant, mais avec l'augmentation des touristes, j'ai peur que ça recommence si je porte un yukata.

Un moment d'enfance qui façonne encore la façon dont quelqu'un vit les caméras des années plus tard.

Le coût caché : l'exposition sur les réseaux sociaux

Pour beaucoup de gens, l'appareil photo en lui-même n'est pas le pire. C'est ce qui se passe après.

温泉地に住んでるので、ただスーパーに買い物に行くだけでも世界の誰かの写真か動画に映り込んで、SNSに知らず知らず晒されてると思う J'habite dans une ville thermale. Je pense que juste aller au supermarché signifie que je finis sur la photo ou la vidéo de quelqu'un, exposée sur les réseaux sociaux quelque part dans le monde sans le savoir.

地元の朝市に野菜買いに行ったら、インスタに私と夫の姿晒されてた…モザイクなんてもちろん無し Je suis allée au marché matinal local acheter des légumes, et plus tard j'ai trouvé des photos de moi et de mon mari postées sur Instagram — sans aucun floutage, bien sûr.

インターネット上に上がってる写真や動画の中に、迷惑撮影で映り込んで勝手に晒された自分の顔、どれだけあるんだろ…? Parmi toutes les photos et vidéos sur internet, combien contiennent mon visage — capturé sans mon consentement et publié pour le monde entier... ?

Ce n'est pas de l'anxiété abstraite. Une personne a signalé un cas concret :

外国人からの盗撮について。SNSにあげられてしまいました。報告をしているのですが動画が消えません。しかも動画が拡散されてしまっていて本当に困っています À propos d'avoir été filmée secrètement par un étranger — ça a été mis en ligne sur les réseaux sociaux. Je l'ai signalé, mais la vidéo ne disparaît pas. Elle a été partagée et je suis vraiment désemparée.

💡 La réaction la plus forte que nous ayons jamais trouvée

Sur 21 sujets et des milliers de témoignages japonais, la photographie non autorisée a généré la réaction négative la plus intense que nous ayons mesurée. Pas les plaintes de bruit dans les trains. Pas la confusion autour des pourboires. Pas la manipulation des baguettes. Être photographié sans qu'on demande est ce qui touche le plus fort — parce que ça touche quelque chose de plus profond que l'étiquette. Ça touche le sentiment d'être vu comme un sujet plutôt que comme une personne.


Le moment où quelqu'un demande

C'est ici que les données révèlent quelque chose que les 79 % seuls ne montrent pas.

Quand nous avons recueilli des témoignages spécifiquement sur ce qui se passe quand quelqu'un demande avant de photographier, la température émotionnelle s'est complètement inversée.

写真撮ってもいいですか?って一声かけてくれる人はむしろ嬉しかったかな Quand quelqu'un a demandé « je peux prendre une photo ? », je me suis en fait sentie heureuse.

基本的には、恥ずかしながら両方OKです…こちらから聞いて一緒にワイワイ撮ります Honnêtement, les deux me conviennent — et quand ils demandent, c'est moi qui prends l'initiative. On prend des photos ensemble et on passe un super moment.

外国人なら気持ちは分かるので撮ります。着物が珍しいのかな… Si c'est un étranger, je comprends son intérêt, donc j'accepte la photo. Le kimono doit leur paraître inhabituel...

Un témoignage a capturé le contraste parfaitement :

ちゃんと撮ってもいいですか?って聞いてきた方もいました。とても丁寧だったので、余計に盗撮してきた人に腹が立ちます Certaines personnes ont demandé « puis-je vous prendre en photo ? » très poliment. Et parce qu'elles étaient si prévenantes, ça m'a rendue encore plus en colère contre ceux qui m'ont photographiée en cachette.

La barre est remarquablement basse. Plusieurs témoignages ont confirmé que même un effort minimal compte :

「OK?」って聞いてくる人もいるけど Certaines personnes disent juste « OK ? » — et même ça, ça aide.

Une femme lors d'un festival de feux d'artifice a décrit ce qu'elle a ressenti quand quelqu'un a utilisé un japonais hésitant pour demander :

花火大会で妹と浴衣で行ったのですが、外国人の方にカタコトで「可愛いですね。一緒に写真撮ってください」と言われて写真を撮りました Au festival de feux d'artifice avec ma sœur, nous portions des yukata quand un étranger a dit en japonais hésitant : « Vous êtes mignonnes. Je peux prendre une photo avec vous ? » Alors on l'a fait.

« カタコト » — un japonais maladroit, imparfait. Ça n'avait aucune importance. Le simple fait de demander était le pont.

Et puis il y a l'étudiante du voyage scolaire de notre chaîne YouTube — le commentaire qui a lancé cet article. Neuf touristes sur dix l'ont photographiée sans un mot. Mais celui qui a fait un signe de la paix ? « Il a souri tellement joyeusement que ça m'a rendue heureuse aussi. »

Le même appareil. Le même kimono. Le même lieu touristique. Une expérience complètement différente — séparée uniquement par le fait que quelqu'un l'a reconnue comme une personne d'abord.

💡 Une question change tout

L'écart entre les 79 % et le 1 % n'est pas une question de règles ou de formation à la sensibilité culturelle. C'est un moment de reconnaissance. Un signe de tête vers ton appareil. Un sourire. Un « OK ? » dans n'importe quelle langue. Le geste dit : Je te vois comme une personne, pas comme un sujet. Et au Japon — où l'omoiyari (la considération pour les autres) est profondément ancré — cette reconnaissance transforme toute l'interaction. Pas parfois. À chaque fois.


La question de 2026 : quand tu deviens le contenu de quelqu'un

La conversation a changé. Quand nous avons commencé à recueillir des témoignages en 2025, la plupart des histoires concernaient des photos fixes — un appareil pointé, un déclic, un instant volé puis c'était fini.

En 2026, une nouvelle dimension est apparue. Il ne s'agit plus seulement d'être photographié. Il s'agit d'être filmé — pour des vlogs, pour des livestreams, pour du contenu. Et c'est ressenti comme fondamentalement différent.

入店時からスマホ片手に動画を撮影し続けていた外国人グループがいたんです。楽しむのはいいと思うんですけど、正直声がうるさくて、さっさと店を出てしまいました Un groupe d'étrangers est entré dans le restaurant en filmant avec leur téléphone dès la porte franchie. Qu'ils s'amusent, d'accord, mais honnêtement ils étaient tellement bruyants que je suis juste partie.

電車内の様子をハンディカメラで撮影している外国人がいたんです。ぐるっと端から端まで映していたんです Un étranger dans le train filmait avec une caméra portative, balayant d'un bout à l'autre du wagon. — Femme d'une trentaine d'années

La distinction est importante. Une photo capture un instant. Un vlog capture toi — ton visage, tes réactions, ta vie quotidienne — comme contenu pour le public de quelqu'un d'autre. Ce sentiment est le plus vif là où les gens vivent juste au milieu des sites touristiques — sur l'île d'art de Naoshima, les voyageurs déambulent dans des ruelles où les habitants vaquent simplement à leurs occupations, et un appareil photo levé peut transformer cette vie ordinaire en contenu pour quelqu'un d'autre.

外国人て一切ボカシ入れずに動画撮るし、観光地住まいだから本当に迷惑してる Les étrangers filment sans aucun floutage. J'habite dans un quartier touristique et j'en ai vraiment assez.

知らない所で全世界に公開されてたら嫌すぎる L'idée d'être diffusée au monde entier sans le savoir — c'est insupportable.

YouTuberにモザイク無しで顔と名札も映像にばっちり映されてたから Un YouTubeur a filmé mon visage et mon badge nominatif clairement en vidéo — sans aucun floutage.

Un témoignage décrit comment cela change le comportement physique :

周りを勝手に映してネットにあげてる人多すぎじゃない?それが嫌でマスクしたい Trop de gens filment tout le monde autour d'eux et mettent ça en ligne. C'est pour ça que je veux porter un masque.

Un autre a remarqué comment les jeunes s'adaptent déjà :

映されてる高校生らしき子達が顔映されないようにフード被ったり顔背けてるのが可哀想過ぎた J'ai vu des adolescents qui ressemblaient à des lycéens relever leur capuche et détourner le visage pour ne pas être filmés. C'était déchirant.

Et peut-être le témoignage le plus révélateur :

週末は街なかでも生配信してたりするから、何処で遭遇するかわからなくてマジ憂鬱 Le week-end, il y a des streamers en direct partout en ville. On ne sait jamais où on va en croiser un. Ça me déprime vraiment.

L'anxiété ne concerne plus une seule rencontre. Elle est ambiante — le sentiment qu'à tout moment, dans n'importe quel espace public, tu pourrais devenir un personnage involontaire dans le contenu de quelqu'un.

💡 De l'instantané au contenu

Il y a un mot qui revient constamment dans les discussions japonaises sur le filmage : 晒される (sarasu — être exposé). Pas « photographié ». Pas « capturé ». Exposé. Le passage de la photographie fixe au filmage vidéo continu a changé non seulement l'ampleur du problème mais sa nature même. Une photo est un instant. Un vlog est un récit — et tu y es un personnage sans jamais avoir auditionné.


La question générationnelle

Tu pourrais supposer que les jeunes Japonais — la génération Instagram, la génération TikTok — se soucieraient moins d'être filmés. Les données disent le contraire.

Le SHIBUYA109 Lab a trouvé que 75,6 % de la génération Z japonaise résiste à publier des photos montrant leur visage ou leur corps en ligne. Ils ont développé des parades élaborées : selfies dans le miroir (56,9 %), photos ne montrant que le dos ou le profil (43,6 %), tenir le téléphone devant le visage (43,3 %).

Une enquête séparée de Z-SOZOKEN a trouvé que 52 % de la génération Z arrêteraient complètement les réseaux sociaux si montrer leur visage était obligatoire.

Et le NTT Docomo Mobile Society Research Institute a trouvé un schéma contre-intuitif : les jeunes adultes en zone urbaine (63 % préoccupés par le filmage non autorisé) montrent en fait plus d'inquiétude que les seniors dans les mêmes zones (59 %).

Ce n'est pas ce que la plupart des gens attendent. Mais c'est logique quand on écoute les jeunes :

高校1年生の女です。よく観光地とか、遊びに行った時に外国人の方によく盗撮されるんですけどなんか意味とかってあるんですか? Je suis une lycéenne de première année. Quand je vais sur des sites touristiques, je me fais souvent photographier en cachette par des étrangers. Il y a une raison à ça ?

高2女子です。外国人の方に「写真写って貰っても良いですか?」と言われたので撮ってもらいましたが、後から不安になりました Je suis en deuxième année de lycée. Un étranger m'a demandé « puis-je vous prendre en photo ? » en japonais hésitant, alors j'ai accepté. Mais après coup, j'ai ressenti de l'anxiété.

Le deuxième témoignage révèle quelque chose d'important : même quand quelqu'un a demandé — même quand l'interaction était polie — la conscience numérique s'est activée après coup. Où ira cette photo ? Qui la verra ? Cette génération comprend la permanence numérique d'une façon que les générations précédentes ne comprennent peut-être pas.

Et voici le détail qui recadre toute la conversation : une enquête TesTee a trouvé que 55 % des jeunes femmes possèdent des applications appareil photo silencieuses ou à faible son — pas pour prendre des photos en cachette, mais spécifiquement pour éviter de déranger les autres en public. La génération la plus immergée dans la culture de la caméra est aussi la génération la plus consciente de l'impact de la caméra.

💡 La génération qui comprend

La génération Z japonaise n'a pas grandi avec moins de sensibilité aux caméras. Elle a grandi avec plus. Elle comprend qu'une photo prise aujourd'hui vit sur internet demain. Elle utilise des applications appareil photo silencieuses non pas pour prendre des photos en cachette, mais par considération. Elle cache ses propres visages sur ses propres profils. Alors quand un inconnu pointe un appareil vers eux, ils ne haussent pas les épaules — ils savent exactement ce qui est en jeu.


Ce que tout cela nous apprend

Cet article a commencé avec une étudiante en voyage scolaire, un kimono et un appareil photo. Cela aurait pu être une histoire simple : les touristes devraient demander avant de photographier. Et c'est bien la conclusion — mais les témoignages nous ont dit quelque chose de plus complexe.

Les Japonais ne sont pas uniformément opposés à être photographiés. Les 20 % de voix neutres comprennent la curiosité des touristes. Le 1 % que ça ne dérange pas y voit un échange culturel. Même parmi les 79 % qui se sentent perturbés, beaucoup ont dit quelque chose comme : « S'ils avaient juste demandé, j'aurais dit oui. »

La division n'est pas entre « photographier » et « ne pas photographier ». Elle est entre reconnaître quelqu'un et ne pas le reconnaître.

Ce qui en fait une conversation de niveau Voices — plutôt qu'un simple conseil d'étiquette — ce sont les couches en dessous :

  • L'asymétrie de pouvoir. La personne avec l'appareil a des options. La personne filmée n'en a presque aucune. Plusieurs témoignages décrivent avoir voulu protester mais se sentir incapable de le faire — surtout les employés de service qui craignent la confrontation, comme le personnel costumé qui distribue des prospectus dans un quartier comme Akihabara, des personnes au travail et non des accessoires pour une photo.

  • La menace qui évolue. En 2026, une photographie n'est plus juste une photographie. C'est du contenu potentiel, potentiellement diffusé au monde entier, potentiellement permanent, et potentiellement trouvable par n'importe qui — employeur, voisin, inconnu.

  • L'enseignement générationnel. Les personnes les plus à l'aise avec la technologie sont les plus mal à l'aise à l'idée d'être filmées par des inconnus. Ce n'est pas une contradiction. C'est de la littératie.

Et puis il y a le témoignage qui a tout commencé. Une étudiante en voyage scolaire, portant un kimono, photographiée sans qu'on lui demande par neuf touristes sur dix. Elle aurait pu ne raconter que cette histoire. Mais elle a aussi raconté l'autre — le touriste qui a fait un signe de la paix, qui a souri si joyeusement qu'elle s'est sentie heureuse aussi.

C'est l'espace dans lequel vit cet article. Pas la règle (« demande d'abord ») mais la raison derrière. Au Japon, la différence entre un appareil pointé vers toi et un appareil partagé avec toi est la différence entre être le contenu de quelqu'un et être le souvenir de quelqu'un.

Pour des conseils pratiques sur comment photographier respectueusement au Japon — y compris ce qui fonctionne dans les temples, les festivals et dans la rue — consulte notre guide complet : L'étiquette photo dans les lieux touristiques.

Pour comprendre la valeur culturelle de la considération pour les autres qui sous-tend cette conversation : Omoiyari — le fil invisible de la considération au Japon.


As-tu vécu cette situation ?

Que tu aies été de l'un ou l'autre côté de l'appareil — en tant que visiteur te demandant comment bien faire, ou en tant que personne photographiée sans qu'on te demande — nous aimerions entendre ton histoire.

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Sources

Données d'enquête

  • NTT Docomo Mobile Society Research Institute: Survey on Photography Manners (2023)

    • Âges 15-79 ; répartition urbain/rural
    • 63 % des jeunes adultes urbains préoccupés par le filmage non autorisé
    • Source
  • SHIBUYA109 Lab: Gen Z Social Media Behavior Report

    • 75,6 % de la génération Z résiste à publier des photos montrant le visage
    • Selfies miroir (56,9 %), vues de dos/profil (43,6 %), téléphone devant le visage (43,3 %)
    • Source
  • Z-SOZOKEN: Gen Z SNS Usage Survey

    • 52 % arrêteraient les réseaux sociaux si l'exposition du visage était obligatoire
    • Source via PR Times
  • TesTee: Young Women's Camera App Survey

    • 55 % des jeunes femmes (10-20 ans) possèdent des applications appareil photo silencieuses pour éviter de déranger les autres
    • Source via PR Times
  • Bengo4 (Lawyer Dot Com): Secret Photography Survey

    • 44 % des femmes ont vécu ou soupçonné avoir été photographiées secrètement
    • 50,4 % n'ont pris aucune mesure
    • Source via PR Times

Témoignages en ligne

  • Sites de questions-réponses, forums et publications sur les réseaux sociaux en japonais accessibles au public — témoignages directs sur le fait d'être photographié sans permission, photographié en kimono, des enfants photographiés par des inconnus, des demandes de photo, des situations lors de festivals de feux d'artifice, des vidéos mises en ligne sans consentement, le filmage et le livestreaming dans les espaces publics, des YouTubeurs étrangers filmant au Japon, ainsi que la photographie de rue et le droit à l'image au Japon.

Médias d'information

Données originales WMJS

  • Chaîne YouTube (JP) : vidéo photo_without_permission — 3 commentaires organiques de spectateurs dont le témoignage de la lycéenne en kimono en voyage scolaire (ID vidéo : jPlJU5q-T-o, publiée le 2026-05-16)
  • Chaîne YouTube (JP) : photo_without_permission — 52 personnes à qui nous avons demandé au 2026-05-27. « Ça ne me dérange pas » : 8 %, « Honnêtement, j'aimerais qu'ils arrêtent » : 92 %
  • Chaîne YouTube (EN) : photo_without_permission — commentaire épinglé citant le résultat de 79 % (ID vidéo : 6LRbbzC3y5w)
  • Collection de témoignages originale : 70 témoignages sur la photographie non autorisée (recueillis le 2026-04-25)
  • Recherche complémentaire : 60+ témoignages sur les expériences de demande préalable, les préoccupations liées aux vlogs/streaming, et les attitudes générationnelles (recueillis le 2026-05-28)

Note sur les citations

Les citations de plateformes en ligne ont été légèrement modifiées pour la lisibilité (correction de fautes de frappe, mise en forme pour plus de clarté). Le sens et l'intention de chaque commentaire restent inchangés. Les sources originales sont liées ci-dessus.


Cet article est disponible dans des langues couvrant plus de 95 % des visiteurs au Japon (d'après les données JNTO 2025). Tu as besoin d'une autre langue ? Dis-le-nous via Voice Box.

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